Le deuxième jour, il fallait traverser un parc pour quitter Gongju. Le ciel commençait à s’épaissir et on n’était pas rassurées mais un vieil homme installé sur une petite terrasse couverte, s’est mis à jouer du Kwaenggali et ça nous a motivées ! Malheureusement, à peine quelques kilomètres plus loin, les deux pneus de ma partenaire, ont éclaté en prenant un trottoir. Evidemment, nous n’étions pas du tout équipées pour ce genre d’accident (Je m’étais pourtant fait cette réflexion l’année précédente quand il m’était arrivé la même chose alors que je roulais seule. Conclusion : je n’apprends pas de mes leçons ! oops) Bref, on a donc arrêté un cycliste qui faisait le parcours en sens inverse. Il avait tout ce qu’il fallait mais les pneus de notre vélo étaient un peu particuliers et n’avaient pas de chambres à air donc il ne pouvait rien faire pour nous. On a donc téléphoné à un magasin de vélo spécialisé pas loin mais le monsieur était en train de regarder un film alors il ne voulait pas quitter sa boutique pour venir nous dépanner… Heureusement, après quelques minutes un peu inquiétantes, une voiture bleue avec un porte vélo sur le toit et une tortue attachée à un vélo-fusée dessinée en guise de logo sur les portières, s’est arrêtée pour nous proposer de l’aide. Il était le leader d’un groupe de cycliste qui tentait de battre un record de vitesse. Il les guidait avec sa voiture, les encourageait et les prenait en photo avec du matériel professionnel. Ils s’appelaient : les tortues express ! La ville et donc le magasin de vélo le plus proche, dans notre direction, était à 20 kilomètres. Il a mis nos vélos sur son toit et nous avons un peu accéléré l’aventure. On était très reconnaissante de l’aide apportée par ce monsieur tortue mais on était aussi un peu déçue de ne pas avoir fait la randonnée entièrement (Enfin, surtout moi…) alors pendant que le vélo de mon amie était en train de se faire opérer, avec son accord, je suis repartie sur 12 kilomètres pour faire demi-tour et avoir le bon compte de kilomètre dans les pédales. J’ai tellement profité du paysage à ce moment car il y avait des éclaircies et surtout une côte que j’ai pu prendre dans les deux sens !
Quand on s’est retrouvées à Buyeo, le restaurant où nous voulions manger était complet. On avait 40 minutes à patienter alors on en a profité pour marcher le long du fleuve où un vieux bateau traditionnel du style de l’ère Baekje se promène pour offrir des croisières aux touristes. Puis pour digérer, avant de reprendre les pédales, on s’est promenées dans le parc de la forteresse Buseosansang, de pavillons en pavillons afin d’apprécier les plus belles vues de la ville. Buyeo est la ville qui nous a le plus étonnées. Pas très touristique et pourtant avec tellement de potentiel. D’ailleurs, c’est la première fois qu’une ville me semble si « coréenne » au point de ne pas sembler l’être. Je m’explique, quand je pense aux villes en Corée, je vois des gratte-ciels de partout, beaucoup de magasins et centre commerciaux avec de la musique qui joue dans les rues et surtout beaucoup de grosses voitures. Buyeo n’était pas du tout comme ça. Son caractère historique a été si bien préservé que c’était très agréable de se promener dans ses rues. Là aussi, je retournerai !
L’après-midi, le ciel s’est à nouveau éclairci et ce fut la plus belle partie de la randonnée. On a traversé des champs de fleurs jaunes, il y en avait à perte de vuen avec les montagnes qui se découpaient au loin. On se serait crues dans un conte de fées, toujours poursuivies par les papillons. On a aussi du pédaler sur une passerelle en bois dans une forêt très humide, ça faisait très livre de la jungle ! Enfin, nous sommes arrivées pour le coucher du soleil à Iksan, dans un camping. Là, plus de ville ni de lumière. Il n’y avait que quelques habitations, un vieil arbre enguirlandé de papiers blancs pour protéger le village des mauvais esprits et une épicerie qui servait aussi du poulet frit. Ça a été notre repas du soir. Tous les habitants du village sont venus faire un tour dans l’épicerie, un par un pour voir les deux cyclistes qui venaient de s’arrêter dans leur coin perdu.
Enfin, le troisième jour, c’était la fin de l’aventure. On avait décidé de partir à l’aube pour être sûres d’avoir les deux bus et de ne pas rater notre correspondance pour le rentrer chez nous. Cette fois-ci, les nuages nous avaient bien rattrapées et on pédalait dans une brume épaisse mais cela n’enlevait rien à la beauté du paysage. En arrivant sur Gunsan, le port était envahi de mouettes et de hérons. Tout était plus gris mais nous avons tout de même fait le tour de la ville portuaire. Est-ce que le fait de faire du vélo fait que tout ce que l’on mange a meilleur goût ? Je ne sais pas mais nous étions d’accord pour dire que nous n’avions jamais mangé de meilleur kimchi que celui du restaurant où nous nous sommes arrêtées, près de la gare routière. Au moment de monter dans le bus, comme toujours, je ressentais le plaisir d’avoir complété la randonnée mais j’aurais aussi voulu pédaler plus longtemps, encore plus loin. Je ne sais pas si c’est la drogue du vélo et de l’exercice qui donne envie de ne jamais s’arrêter ou si c’est celle du voyage qui fait que l’on veut toujours en voir et en découvrir plus mais la fatigue physique n’est jamais plus forte que tout ça. Alors dans le bus retour, on prévoyait déjà la prochaine rando-vélo !
Voilà pour cette randonnée, à la prochaine ! ![]()
Cyrielle 🙂































